« Les angoisses scolaires de mon enfant sont-elles passagères ou commencent-elles à prendre trop de place ? »
« La sophrologie peut-elle réellement l’aider ? »
« Va-t-il accepter de venir et de parler de ce qu’il ressent ? »
« Comment se déroule une séance avec un enfant ? »
Ces questions, de nombreux parents se les posent lorsque leur enfant commence à mal dormir, se plaint du ventre avant l’école, redoute certains cours ou perd peu à peu confiance en lui.
Les parents de Camille se les posaient également. Depuis son entrée en sixième, leur fille de 11 ans semblait de plus en plus inquiète. Le soir, elle repensait longuement à sa journée. Le matin, son ventre se nouait avant de prendre le bus. En classe, elle craignait les contrôles oraux et le regard des autres.
À travers son parcours, cet article permet de comprendre comment se manifestent les angoisses scolaires chez l’enfant, ce que la sophrologie peut lui apporter et dans quelles situations cet accompagnement peut être indiqué.
Le prénom de Camille et certains éléments de sa situation ont été modifiés afin de préserver sa confidentialité.
Tous les enfants peuvent éprouver de l’appréhension avant une évaluation, une rentrée ou une prise de parole devant la classe. Cette inquiétude n’est pas nécessairement préoccupante. Elle peut même témoigner de l’importance que l’enfant accorde à ce qu’il vit.
La situation mérite davantage d’attention lorsque l’anxiété devient fréquente, intense ou qu’elle commence à envahir plusieurs aspects de sa vie.
Chez Camille, ses parents avaient notamment observé :
Chez l’enfant, l’anxiété peut en effet se manifester par des troubles du sommeil, des douleurs abdominales, de l’irritabilité, des difficultés de concentration ou des préoccupations excessives autour des performances scolaires et sportives. La fiche de l’Assurance Maladie consacrée aux troubles anxieux chez l’enfant rappelle que l’intensité, la durée et les conséquences de ces manifestations doivent être prises en considération.
Un signe isolé ne suffit donc pas à conclure que l’enfant souffre d’angoisses scolaires. C’est leur répétition, leur intensité et leur retentissement sur son quotidien qui doivent alerter.
La sophrologie peut être proposée lorsque l’enfant éprouve des difficultés à reconnaître ce qui se passe en lui, à relâcher ses tensions ou à retrouver son calme dans certaines situations scolaires.
Elle ne cherche pas à lui apprendre que son inquiétude serait injustifiée. Elle lui permet plutôt d’observer la manière dont celle-ci se manifeste dans son corps, dans sa respiration, dans ses pensées et dans son comportement.
L’enfant expérimente ensuite différentes pratiques adaptées à son âge. Certaines mobilisent le mouvement et la respiration. D’autres font appel aux sensations, à l’imagination, au dessin ou à la parole.
Il ne s’agit ni de lui demander de se contrôler davantage ni de lui imposer une nouvelle obligation. La sophrologie pour l’enfance et les émotions lui offre un temps où il peut découvrir ce qu’il ressent et apprendre progressivement à reconnaître ce qui lui convient.
Les parents de Camille craignaient qu’elle refuse la séance ou qu’elle se sente une nouvelle fois évaluée. Cette inquiétude est compréhensible, surtout lorsqu’un enfant éprouve déjà une forte pression à l’école.
Dès sa première rencontre, je lui explique que la sophrologie n’est ni un examen ni une compétition. Elle n’a rien à réussir et aucune réponse particulière n’est attendue.
Je lui précise également qu’elle pourra dire si une proposition lui plaît, si elle ne comprend pas ou si elle préfère essayer autrement. La séance ne se déroule pas sans cadre, mais ce cadre lui laisse une place active.
Camille paraît rassurée par cette présentation. Elle comprend qu’elle ne vient pas pour être corrigée, mais pour découvrir différentes manières de percevoir et d’exprimer ce qui lui arrive.
Les pratiques proposées à Camille ont évolué au fil des rencontres. Elles n’ont pas été choisies selon un programme identique pour tous les enfants, mais à partir de ce qu’elle exprimait, de ses réactions et de sa manière d’entrer en relation.
Camille commence par poser ses mains sur son ventre. Elle observe les mouvements produits par sa respiration, sans chercher immédiatement à les modifier.
Elle porte son attention sur l’inspiration, puis sur l’expiration. Lorsque cela lui devient familier, je lui propose de laisser l’expiration se prolonger légèrement, sans forcer ni rechercher une performance respiratoire.
Le soir, elle reprend parfois cette pratique avant de dormir. Ses parents constatent que certains couchers sont moins tendus et qu’elle parvient plus facilement à quitter les pensées liées à sa journée.
Nous expérimentons ensuite un mouvement que nous appelons « l’épaule qui se libère ». Camille inspire en relevant légèrement les épaules, puis les laisse retomber en expirant.
L’essentiel ne réside pas seulement dans le geste. Elle prend le temps de percevoir la tension, le relâchement et les sensations qui apparaissent ensuite.
Ce mouvement lui plaît parce qu’il est simple et discret. Elle peut le reprendre avant de monter dans le bus ou lorsqu’elle sent son corps se raidir. Au fil des séances, ses parents remarquent que les départs à l’école deviennent plus fluides et que les douleurs abdominales sont moins fréquentes.
Camille imagine un jardin composé d’une prairie et d’un grand cerisier. Elle choisit elle-même les couleurs, la lumière et l’endroit où elle souhaite s’installer.
Cette image ne lui est pas imposée comme une pensée positive destinée à effacer son inquiétude. Elle se construit à partir de son propre imaginaire et de ce qui lui procure une sensation de tranquillité.
Avant un contrôle, Camille peut fermer les yeux quelques instants et se rappeler ce jardin. L’anxiété ne disparaît pas nécessairement, mais elle ne prend plus toute la place.
À la fin de certaines séances, Camille dessine ce qu’elle a imaginé ou choisit un mot qui correspond à son expérience. Elle retient notamment les mots « confiance » et « ancrage ».
Le dessin et les mots lui permettent de conserver une trace de ce qu’elle a vécu. Ils facilitent également l’échange, car un enfant ne trouve pas toujours immédiatement les phrases pour expliquer ses sensations ou ses émotions.
La sophrologie ne produit pas les mêmes effets chez tous les enfants. Le parcours de Camille ne constitue donc ni une preuve générale ni une promesse de résultat.
Dans son cas, ses parents et elle-même ont progressivement observé :
« Nous retrouvons notre fille plus souriante et nous savons mieux comment l’accompagner sans faire les choses à sa place. »
Ces évolutions ne signifient pas que Camille ne ressent plus jamais d’anxiété. Elle dispose cependant de davantage de repères pour comprendre ce qui se produit en elle et pour ne pas se sentir entièrement démunie face à certaines situations.
À partir de l’expérience de Camille, la sophrologie peut notamment aider un enfant à :
La sophrologie pour enfant peut être proposée en cas de difficultés d’endormissement, de peur d’un oral, de tensions avant une évaluation ou de manque de confiance. Elle peut également accompagner la préparation d’une épreuve, comme je le présente dans la page consacrée à la sophrologie pour les examens et la confiance.
Elle ne vise toutefois pas à rendre l’enfant plus performant ni à lui apprendre à supporter seul une situation qui devrait être examinée ou modifiée. Lorsqu’un enfant souffre à l’école, il importe également de s’interroger sur son environnement, ses relations, les attentes auxquelles il est soumis et les événements qu’il traverse.
Les séances se déroulent généralement avec l’enfant, mais les parents ne sont pas tenus à l’écart. Des temps d’échange permettent de comprendre ce qu’ils observent à la maison, de préciser l’évolution de la situation et d’ajuster l’accompagnement.
Entre les séances, vous pouvez rappeler à votre enfant qu’une pratique est disponible, sans lui demander de l’exécuter ni vérifier s’il la réalise correctement.
Une pratique de sophrologie ne doit pas devenir un devoir supplémentaire. Il est préférable de lui laisser le choix et de s’intéresser à ce qu’il ressent plutôt qu’à la qualité supposée de son exercice.
Votre rôle consiste aussi à entendre ce que son inquiétude peut signaler. L’objectif n’est pas de lui apprendre à s’adapter à tout prix, mais de l’aider à reconnaître ce qui lui fait peur et à retrouver une place plus vivable dans son quotidien scolaire.
La sophrologie peut convenir lorsque l’enfant reste en mesure de parler de ce qu’il vit, de poursuivre sa scolarité et d’expérimenter les pratiques proposées.
Un avis médical, psychologique ou psychothérapeutique devient particulièrement important lorsque :
Dans ces situations, la sophrologie ne remplace ni l’évaluation d’un professionnel de santé ni un travail psychothérapeutique avec l’enfant.
La sophrologie et le travail psychothérapeutique ne répondent pas exactement aux mêmes besoins. La sophrologie permet notamment d’explorer les sensations, la respiration, le mouvement et l’imaginaire. Le travail psychothérapeutique cherche à comprendre et à élaborer ce que les peurs, les symptômes ou les comportements de l’enfant viennent exprimer.
Selon la situation, ces deux approches peuvent être distinctes ou complémentaires.
Depuis 2019, j’interviens au collège Bellevue de Beausoleil dans le cadre d’un partenariat avec la Ville de Beausoleil.
Ces ateliers permettent aux élèves de la sixième à la troisième de découvrir différentes pratiques autour du stress scolaire, de la concentration, de la fatigue, de la confiance et de la prise de parole.
Les jours, les horaires et les périodes d’intervention pouvant évoluer selon l’année scolaire, les informations actualisées sont indiquées sur la page consacrée aux ateliers de sophrologie au collège Bellevue.
« Est-ce que j’attends encore un peu ? »
« Est-ce que je risque de dramatiser ce qu’il vit ? »
« Est-ce que la sophrologie est vraiment adaptée à mon enfant ? »
Il n’est pas toujours facile de répondre seul à ces questions. Demander un premier rendez-vous ne signifie pas que vous considérez votre enfant comme malade ni que vous vous engagez immédiatement dans un accompagnement de longue durée.
Cette première rencontre permet de préciser ce que vous observez, depuis quand les difficultés sont présentes et la manière dont elles retentissent sur la vie de votre enfant. Elle permet également de déterminer si la sophrologie paraît indiquée ou si une autre orientation serait préférable.
Les angoisses scolaires chez l’enfant ne relèvent ni d’un manque de volonté ni d’un simple caprice. Elles expriment une difficulté qu’il ne parvient pas encore à traverser seul. La sophrologie peut lui apporter un soutien lorsqu’elle est proposée au bon moment, dans un cadre ajusté et sans lui demander de devenir le seul responsable de son apaisement.
Pour faire le point sur la situation de votre enfant, vous pouvez utiliser la page Contact et prise de rendez-vous.






