Cabinet Sophro Psy - Rachel Huber, Sophrologue et Psychopraticienne à Cap d'Ail.
Photo : Vue historique de l'Hôtel Bayerischer Hof à Munich, chef-d'œuvre architectural de Friedrich von Gärtner inauguré en 1841

Le moment où la rupture Freud - Jung devient publique

Dates, lettres, divergences : une boussole simple pour comprendre, sans jargon

Ce texte appartient au Cabinet d’Œuvre de VITRIOL, un lieu où l’on travaille. Ici, l’histoire sert de boussole. Elle aide à comprendre comment une divergence théorique devient une séparation humaine, puis une fracture institutionnelle.

Cette formule circule : « la conférence de Munich ». Elle désigne un moment précis, au croisement de trois choses concrètes : des lettres, un congrès, une question de méthode.

Quand on dit « conférence de Munich », de quoi parle-t-on exactement ?

En histoire de la psychanalyse, « Munich 1913 » renvoie au Quatrième Congrès international de psychanalyse, tenu à Munich les 7 et 8 septembre 1913, sous l’égide de l’Association psychanalytique internationale (IPA).

Ce congrès compte parce qu’il rend visible, à l’échelle d’un collectif, une rupture déjà actée dans les lettres.

Encadré | À retenir en une minute

  • « Munich 1913 » désigne un congrès international, les 7 et 8 septembre 1913.
  • La séparation personnelle se formule dans deux lettres de janvier 1913.
  • Le congrès rend cette séparation lisible au niveau de l’institution.

La mini-frise qui remet tout dans l’ordre

  • 24 novembre 1912, Munich : rencontre de travail dans un climat très tendu.
  • 3 janvier 1913 : Freud écrit à Jung et propose de mettre fin aux relations personnelles.
  • 6 janvier 1913 : Jung répond, accepte la séparation personnelle et clôt par « le reste est silence ».
  • 7 et 8 septembre 1913, Munich : Quatrième Congrès international, dernière rencontre en personne dans ce cadre.
  • Avril 1914 : Jung quitte la présidence de l’IPA.

Ce que les lettres de janvier 1913 disent vraiment

Les lettres comptent parce qu’elles donnent la texture humaine de la rupture. Elles montrent un glissement simple : l’amitié se retire, la confiance scientifique se défait, le collectif finit par prendre acte.

1) Freud, 3 janvier 1913 : une coupure formulée sans détour

Dans la lettre du 3 janvier, Freud réagit à une phrase de Jung qu’il reçoit comme une attaque. Jung aurait dit qu’il « traitait ses disciples comme des patients ». Freud répond en deux temps.

  1. Premier temps : une ligne de principe.
    Freud rappelle un point de cadre : l’analyste travaille avec l’inconscient, donc avec une part de cécité. Il pose l’idée qu’un praticien gagne en solidité quand il reconnaît ses zones vulnérables et accepte d’en répondre.
  2. Deuxième temps : la décision relationnelle.
    Freud conclut par une proposition nette : mettre fin aux relations personnelles. Le sens se tient en une phrase : Freud propose d’abandonner entièrement la relation privée.

Vous pouvez retenir la fonction de cette lettre : elle transforme une divergence théorique en séparation personnelle assumée.

2) Jung, 6 janvier 1913 : l’acceptation, puis la fermeture

La réponse de Carl Gustav Jung est brève, presque sèche, et très structurée.

  • Carl Gustav Jung accepte la demande de Freud : séparation personnelle, maintien du strict nécessaire professionnel.
  • Carl Gustav Jung précise un point de style relationnel : il n’impose pas son amitié, il ne la réclame pas, il se retire quand on la refuse.
  • Puis il ferme. La formule « le reste est silence » sert ici de coupure. Elle fait seuil.

Encadré | À retenir en une minute

  • Freud tranche le lien privé.
  • Carl Gustav Jung acquiesce et ferme la scène.
  • Munich 1913 rend cette coupure visible dans l’espace commun.

Pourquoi Miss Miller pèse si lourd dans cette rupture

En travaillant le cas de Miss Miller, Carl Gustav Jung avance une idée décisive : la libido ne se réduit pas à la sexualité, elle désigne une énergie psychique capable de se déplacer et de se transformer en images, mythes, créations. Ce déplacement touche le cœur même de la théorie freudienne.

Imaginez un symptôme.

  • Pour Freud, il parle d’un conflit pulsionnel, souvent sexuel, qui cherche une issue.
  • Pour Carl Gustav Jung, il peut aussi signaler une tentative de la psyché pour se réorganiser, se transformer, retrouver un équilibre symbolique.

Miss Miller devient alors un cas-test. Ce que Jung formule à partir d’elle, il le déploie en 1912 dans Métamorphoses et symboles de la libido : le moteur théorique change. Et quand le moteur change, toute la voiture change avec lui.

Ce que Munich 1913 change, concrètement

Munich ne crée pas la rupture. Munich la rend collective.

1) La séparation sort de l’intime et devient institutionnelle

Un congrès organise des positions, des alliances, des décisions. Le mouvement se réajuste : la fracture devient une question de ligne, de publications, de présidence. Elle cesse d’appartenir à deux hommes seulement.

2) La controverse sur la libido devient un problème public

Une partie du mouvement se mobilise explicitement contre la modification jungienne de la théorie de la libido. Le débat change de nature. Il s’inscrit dans des publications, des comités, des stratégies. La divergence devient une affaire de doctrine et de transmission.

3) Jung prend sa route intérieure

Après la rupture, Jung entre dans une période de travail intérieur intense. Il se tourne vers une exploration approfondie de ses propres images et expériences, qui mènera au Livre rouge.

Les divergences Freud–Carl Gustav Jung en mots simples

Vous pouvez comprendre leur divergence à partir de trois questions. Elles parlent à toute personne qui observe sa vie intérieure.

1) Qu’est-ce qui met la psyché en mouvement ?

Freud place au centre une dynamique où la sexualité, au sens large, joue un rôle moteur dans les conflits et les symptômes. Jung garde cette dimension, puis élargit la libido en énergie psychique générale.

Image claire

  • Freud : le symptôme parle la langue du désir, du conflit, de ses dérivations.
  • Carl Gustav Jung:  le symptôme parle aussi la langue du sens, de la transformation, de l’orientation intérieure.
    Cela change aussi la méthode : interprétation centrée sur le conflit chez Freud, écoute de l’image comme information psychique chez Jung.

2) À quoi sert un rêve ?

  • Freud lit le rêve comme un matériau à interpréter dans une logique de conflit psychique et de désir.
  • Carl Gustav Jung aborde le rêve comme une production spontanée qui informe sur l’équilibre intérieur, souvent par images symboliques.

3) Quelle place donner aux mythes, aux symboles, au religieux ?

Carl Gustav Jung accorde une place structurante aux formes symboliques, parce qu’elles donnent une langue à l’expérience intérieure. Cette orientation se déploie précisément là où la libido se pense comme énergie capable de se transformer et de se symboliser.

Encadré | À retenir en une minute

  • Divergence centrale : libido centrée sur la sexualité, puis libido comme énergie psychique générale.
  • Divergence de méthode : interpréter, puis écouter l’image comme information sur l’équilibre psychique.
  • Miss Miller sert de point d’appui narratif et clinique pour comprendre ce déplacement.

Une boussole pour la suite

Visiter : repérer la scène intérieure, là où une image insiste, là où un symptôme cherche une forme.
Rectifier : clarifier le langage, distinguer désir, angoisse, sens, symbolisation, sans précipitation.
Trouver : laisser émerger un axe, celui qui tient quand la théorie cesse de servir de refuge.

Si vous souhaitez approfondir, vous pouvez lire votre article sur Miss Miller.

Bibliographie

  • International Psychoanalytical Association (IPA). Liste des congrès internationaux (entrée « 1913, Munich »).
  • Bruns, Georg. « Fondation de l’International Journal of Psychoanalysis » (Founding The International Journal of Psychoanalysis, PDF), passage sur le congrès de Munich (7 et 8 septembre 1913) et la démission de Jung (avril 1914).
  • Bibliothèque du Congrès. « Manuscrit déplié : la lettre de Freud à Jung » (3 janvier 1913).
  • Henderson, Walter J. « Freud et Jung : comparaison de deux grandes théories de l’étiologie névrotique » (2015), extraits des lettres des 3 et 6 janvier 1913.
  • Encyclopædia Britannica. Entrées biographiques et notice sur Psychology of the Unconscious (mise en relation avec Métamorphoses et symboles de la libido).
  • Musée national suisse. Notice sur le Livre rouge et sa genèse après la rupture.

Rachel Huber, psychothérapeute et sophrologue au Cabinet Sophro~Psy à Cap d'Ail – Signature et expertise clinique

Bien chaleureusement,
Rachel

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Praticienne en psychothérapies, sophrologue, psychosomaticienne
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