Dans cet entretien, je dialogue avec Marie-Laure Colonna, psychanalyste jungienne de la Société Française de Psychologie Analytique - SFPA , autour de son ouvrage Les facettes de l’âme – La fusion entre l’esprit et la matière. À travers ses mots, se déploie un paysage où psychologie analytique, alchimie et mythologie s’entrelacent pour éclairer la profondeur du processus d’individuation.
L’âme, pour Colonna, n’est pas une abstraction : elle est mouvement, chair, souffle, désir. Elle prend corps dans l’expérience, se nourrit des symboles et s’ouvre à une reliance plus vaste, jusqu’à embrasser la Terre elle-même.
Tout commence par une interrogation radicale : « Suis-je vraiment présente ? »
Ce doute, loin d’être anodin, devient le point de bascule vers l’analyse. Car être présent, ce n’est pas simplement occuper un espace : c’est habiter son corps, écouter ses émotions, accepter ses manques.
Dans ce livre comme dans l’entretien, Colonna rappelle que la psychanalyse jungienne est d’abord une ascèse quotidienne : une manière de revenir à soi, encore et encore, pour laisser advenir une subjectivité plus ancrée et plus ouverte.
Dans Les facettes de l’âme, Marie-Laure Colonna rend hommage à ses filiations : l’héritage jungien, la rencontre avec ses analystes, et surtout la pratique exigeante d’un chemin intérieur.
L’ascèse n’est pas ici une privation, mais une discipline du regard :
C’est ce travail patient, répété, qui donne sa consistance à l’âme et lui permet de se transformer.
L’entretien est jalonné d’images puissantes. Le papillon, fragile et métamorphique. Le filet d’Indra, réseau de perles reliées entre elles.
Et puis, il y a l’alchimie, matrice centrale de l’œuvre jungienne.
Nigredo : la matière noire intérieure
Plonger dans les zones sombres de soi, accepter la confusion et la désorganisation comme premières étapes de la transformation.
Albedo : l’émergence d’une clarté nouvelle
Une lumière douce s’installe, comme une aube intérieure. L’âme commence à discerner ses contours et à respirer autrement.
Rubedo : la réconciliation des opposés
Le rouge alchimique symbolise l’union des contraires, la plénitude retrouvée, l’éveil d’une totalité vivante.
Ces symboles ne sont pas des concepts figés, mais des images vécues, qui transforment celui qui les médite.
Une des grandes originalités du livre réside dans ce que Colonna appelle l’érotique de l’âme.
Le transfert, souvent réduit au registre pathologique, devient ici creuset de désir et de créativité.
Dans la rencontre thérapeutique, quelque chose de plus vaste se déploie : une énergie de vie qui dépasse l’ego. L’âme se nourrit de cet éros, pour s’ouvrir à la nouveauté et accoucher de formes inédites.
L’âme n’est pas seulement personnelle. Dans Les facettes de l’âme, Colonna explore aussi la dimension collective et écologique du processus analytique.
De l’intime au politique, de la cure au monde, l’âme se relie :
La guérison de l’âme individuelle résonne alors avec celle de la planète : prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin du monde.
Cet entretien avec Marie-Laure Colonna m’a permis de ressentir la puissance clinique et symbolique de son œuvre. Les facettes de l’âme n’est pas seulement un essai théorique : c’est un livre-miroir, qui invite chacun à se demander : « Suis-je vraiment présent ? »
En parcourant ses pages, nous pressentons que le processus d’individuation jungien est toujours plus vaste que nous : il relie corps, âme et esprit, mais aussi l’humain et la Terre, le personnel et le cosmique.
C’est un ouvrage de la psychanalyste jungienne Marie-Laure Colonna. Elle y explore la fusion entre corps, âme et esprit à travers les symboles, l’alchimie et le processus d’individuation.
Tout part d’une interrogation : « Suis-je vraiment présente ? » Cette question ouvre la voie à une plongée analytique et à un travail de transformation intérieure.
Marie-Laure Colonna décrit comment transfert, désir et créativité peuvent devenir un creuset de transformation dans la relation analytique, ouvrant à une énergie de vie plus vaste.
L’ouvrage va au-delà du cadre individuel pour rejoindre l’écopsychologie. L’âme se relie alors à la Terre et au vivant, soulignant que la guérison personnelle participe aussi à la guérison collective.
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Bien chaleureusement,
Rachel... Sur les Chemins de VITRIOL







