Dans cet article rédigé pour l’Espace Francophone Jungien, j’explore le malaise croissant de la génération smartphone : Shaïna (12 ans), Fabien (19 ans) et Meryll (26 ans) arrivent en séance le regard rivé à leur écran. Cette hyperconnexion, loin d’être anodine, révèle souvent une perte de sens et une difficulté à se relier à soi-même.
À partir de ces portraits cliniques, j’interroge la manière dont les réseaux sociaux fonctionnent comme de véritables miroirs archétypiques, en convoquant la pensée de Carl Gustav Jung.
Chaque like, chaque story ou chaque hashtag devient l’occasion de projeter des désirs, des peurs ou une quête de reconnaissance. Ces plateformes fonctionnent comme un théâtre symbolique, où se rejouent les grands archétypes de l’âme humaine.
L’adolescent en quête d’identité y cherche des modèles, le jeune adulte y mesure sa valeur, et tous s’y confrontent à l’ombre collective : jugements, moqueries, exclusions.
Pour Jung, l’inconscient collectif est ce réservoir d’images et de symboles universels qui nous relient. Or, les réseaux sociaux en deviennent aujourd’hui une scène amplifiée.
Les flux d’images virales, les hashtags partagés, les phénomènes de mode sont porteurs de tonalités affectives collectives. Ils manifestent la contagion émotionnelle, parfois jusqu’à la « possession » par un archétype : la star, le héros, la victime, le rebelle.
Dans ce flux constant, le sujet peut se perdre, pris dans un tourbillon qui nourrit le malaise et la confusion identitaire.
En séance, ces dynamiques apparaissent concrètement.
Leurs symptômes rappellent que derrière chaque écran se joue une quête d’appartenance et, souvent, un sentiment d’exil intérieur.
Sur les réseaux, les archétypes se révèlent avec force. Le bouc émissaire apparaît dans le cyberharcèlement. La fusion groupale se manifeste dans les communautés numériques soudées par un hashtag. La perte d’identité survient quand l’individu se réduit à un rôle ou une image.
Ces phénomènes, déjà décrits par Jung dans ses travaux sur la masse et l’ombre, trouvent une actualité brûlante dans le numérique. Ils nous rappellent l’urgence de redonner place au Soi dans ce chaos d’images.
Cet article propose aussi des pistes thérapeutiques : poser des limites à l’usage des écrans, recréer des espaces de parole, retrouver un ancrage corporel et symbolique.
Loin de condamner les réseaux sociaux, il s’agit d’y voir une matière psychique à travailler. En reconnaissant ce qui se projette dans ces miroirs numériques, chacun peut entamer un chemin vers plus de conscience et de liberté intérieure.
Entre éclairage théorique et vignettes cliniques, ce texte se veut une plongée jungienne dans le monde digital. Il montre que les réseaux sociaux ne sont pas seulement des outils, mais des révélateurs d’une quête plus profonde.
Je vous invite à poursuivre cette lecture sur l’Espace Francophone Jungien : une plongée indispensable pour quiconque s’interroge sur l’impact psychique du numérique — et sur les chemins d’une réconciliation intérieure à l’ère digitale.
Parce que sa notion d’inconscient collectif éclaire la manière dont les images et symboles circulent dans le numérique, influençant identités et émotions.
On y retrouve le héros, la victime, le rebelle, mais aussi le bouc émissaire ou la fusion groupale, figures qui rejouent les drames collectifs dans l’espace digital.
En les aidant à poser des limites, à reconnaître les projections inconscientes et à retrouver un centre intérieur, chemin vers le Soi décrit par Jung.
Bien chaleureusement,
Rachel... Sur les Chemins de VITRIOL







